Le japon rejette les projets de casino à Nagasaki

Le japon rejette les projets de casino à Nagasaki

Pendant longtemps, le japon a été le seul pays industrialisé à interdire les casinos sur son territoire. Au printemps dernier, le gouvernement a mis fin à cette interdiction en autorisant un projet de complexe hôtelier intégrant un casino. Le projet devrait être finalisé en 2029 à Osaka et permettra, pour la première fois au japon, l’ouverture d’un casino. Dans la foulée, un nouveau projet a pris forme à Nagasaki. Il vient d’être rejeté. En cause, des inquiétudes concernant le financement et les antécédents des investisseurs.

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Il a été récemment rapporté que le gouvernement japonais, plus particulièrement le ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme, avait rejeté un projet d’ouverture officielle d’un complexe hôtelier intégré (IR) centré sur un casino de style Las Vegas dans la préfecture de Nagasaki. La principale raison en est les doutes sur la faisabilité de son financement.

Le projet de complexe hôtel et Casino de Nagazaki était examiné depuis avril 2022, en même temps que les plans du projet d’Osaka. Le gouvernement de la préfecture de Nagasaki avait l’intention d’ouvrir le complexe de type Las Vegas en 2027. Il comprenait des hôtels de luxe, un hall d’exposition international, un casino et des installations commerciales sur un terrain de 31 hectares.

Le financement de l’Hotel Casino jugé incertain

Le projet devait attirer 8,4 millions de visiteurs par an, et 330 milliards de yens (2,3 milliards de dollars) de revenus pour la région sud-ouest du Japon . La préfecture de Nagasaki avait l’intention de couvrir 60 % de l’investissement initial de près de 440 milliards de yens, soit environ 3,1 milliards de dollars, via des crédits auprès d’institutions financières. Mais le Crédit Suisse, le géant financier suisse qui participait au financement du complexe, a subi une énorme crise l’an passé. Le naufrage de l’institution financière s’est soldé par son rachat par le groupe suisse UBS. Cela a fortement fragilisé la fiabilité du financement de tout le projet.

Le comité examinant le dossier a eu des doutes sur tout le volet financier. Pour les autorités, il existait une réelle incertitude concernant les investisseurs potentiels et les bailleurs de fonds. Outre le Crédit Suisse, la situation de certains d’entre eux avait évolué depuis la constitution du dossier de candidature. Or, au regard de la situation économique mondiale, le comité ne peut exclure que les différentes parties ne puissent continuer à investir ou financer le projet.

L’organisme décisionnaire a ainsi exprimé des doutes quant à la capacité des investisseurs à exploiter avec succès ce projet à grande échelle. Il affirme que seul Casinos Austria International (CAI), qui dirigeait le consortium Kyushu Resorts Japan, affichait des antécédents ou un savoir-faire dans de telles activités. Cependant, l’investissement direct de CAI dans le projet devait être mineur, ce qui soulève d’autres questions quant au niveau de son implication.

“Bien que CAI ait une expérience et un savoir-faire dans le développement et l’exploitation d’installations de casino, nous ne pouvons pas confirmer pleinement l’expérience [du reste du consortium] dans l’installation et l’exploitation d’IR », a écrit le panel dans son évaluation.

“En outre, étant donné que le ratio d’investissement de [CAI] est extrêmement faible et que le niveau d’engagement indiqué dans la lettre n’est pas suffisant, il est difficile de dire que l’implication en capital de CAI dans l’activité IR est suffisante”.  Compte tenu de cela, le panel a conclu que le « Plan de développement de la zone d’installations touristiques complexes spécifiées de Kyushu/Nagasaki » ne répond pas aux normes requises et qu’il n’est pas approprié de le certifier.

Un projet similaire de complexe Hôtel Casino accepté à Osaka

Un projet similaire d’Osaka sera construit sur Yumeshima, une île récupérée dans la baie d’Osaka qui accueillera l’Exposition universelle de 2025.  Il comprendra un centre de conférence, des hôtels, un musée, un centre commercial et un terminal de ferry. En plus de cela, les gros joueurs auront accès à une aire d’hélicoptère adjacente. Le gouvernement national japonais l’a officiellement approuvé en avril de cette année.

Il devrait attirer près de 20 millions de visiteurs par an et générer 1,14 milliards de yens de revenus annuels pour la région. Par ailleurs, le complexe devrait créer 15 000 emplois. Le complexe, le Las Vegas du Japon,  devrait ouvrir officiellement ses portes au public vers l’automne 2030. Il devrait réaliser un chiffre d’affaires annuel de 520 milliards de yen dont 80% générés par les casinos.

Un débat sur fond de dépendance aux jeux

L’archipel japonais a longtemps hésité à légaliser les casinos qui, jusu’il y a peu de temps, étaient interdits. En 2016, le gouvernement a adopté une loi permettant leur légalisation. Cependant, aujourd’hui encore, cette décision fait l’objet d’un vif débat. En effet, les japonais connaissent déjà un gros problème d’addiction. Les japonais aiment le jeu. Si les casinos n’exitent pas sur le territoire, ils ont par contre accès à de nombreuses salles de jeux. On peut y jouer sur des machines à sous, ou faire des paris sportifs.

En plus des maisons et salles de jeu, les japonais sont nombreux à fréquenter les casinos en ligne.

D’après une enquête effectuée en 2017 par le ministère de la Santé japonais, le phénomène de l’addiction au jeu toucherait 3,6% des adultes. Cela représente environ 3,2 millions d’individus. C’est énorme si on compare ce chiffre à d’autres pays industriels. Ainsi, en France, on estime qu’environ 1.2 % des adultes souffrent d’addiction au jeu. Un chiffre nettement plus bas. Un joueur japonais dépenserait 58 000 yens par mois en moyenne (environ 430 euros) sur des jeux.